...ou cachez cet allaitement que nous ne saurions voir ! 


dorotheeDes femmes d'aujourd'hui
Exposition-photo CoFAM
Crédit photo : Maria Letizia Piantoni


Une méta-analyse parue dans le très sérieux Lancet a fait les gros titres des médias français le 29 Janvier 2016. En effet, celle-ci confirmait le bien fondé des recommandations de l'OMS et de l'HAS.  Ses conclusions n'ont surpris ni les professionnels de santé ni les associations qui œuvrent depuis longtemps à de meilleures conditions d'allaitement en France. Malgré des bases scientifiques indiscutables, elle semble avoir dérangé, puisque, quelques jours plus tard, une pétition a été relayée par le journal Libération. Dans celle-ci, toutes  les recherches étayant des informations  positives liées à l’allaitement étaient jugées culpabilisantes,  contraignantes, voire anti-féministes.

Pour la CoFAM, il est évident que chaque femme doit avoir la liberté de choisir d'allaiter ou non et être respectée et accompagnée, quelle que soit sa décision. Mais, pour faire un choix éclairé, il faut être loyalement informé. Si les pétitionnaires  s’étaient mieux renseignés, ils auraient su :

En revanche, dans notre société, il est clair que la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle est souvent difficile et nécessite des aménagements, quel que soit le projet de la femme. Dans ce contexte, l'avancée est-elle une réaction épidermique à chaque fois que l’on rappelle  l’importance de l’allaitement ou bien, comme nous le proposons, l'aménagement d'une société soutenante en accord avec ses propres recommandations de santé et respectueuse des choix individuels ?
 

De plus, nous sommes soumis chaque jour à la communication du lobbying agro-alimentaire au sujet des préparations industrielles pour nourrisson.  Seules les communications commerciales auraient-elles le droit de cité dans notre pays, et ce en totale contradiction avec le Code international de commercialisation des substituts du lait maternel ratifié par la France ?

Non, informer n'est pas culpabiliser. Informer, c'est permettre aux gens d’être libres. Alors si vous êtes pour l’information loyale qui seule permet de choisir, soutenez la CoFAM. Nous n’avons pas le budget communication des firmes industrielles mais nous, par contre, nous sommes d’intérêt général ! Alors si le coeur vous en dit, n'hésitez pas à faire un don, nous en avons besoin !

 

Qu'est-ce que la CoFAM ?
Lire le communiqué de presse en PDF


jiaconfEn avant-première, Karleen Gribble, conférencière d'honneur à la JIA 2016, propose une journée de réflexion et de formation le 30 mars 2017 de 9h à 17h à l'hôtel Forest Hill de la Vilette

Cette journée, en présence d'Aurélie Serry, présidente de la CoFAM, est à destination des acteurs du secteur humanitaire impliqués dans le soutien des mères et des bébés en situation de précarité :
« Quelle alimentation, pourquoi, comment ? »

 

Karleen Gribble est professeur et chercheur à l'Université de Western Sydney en Australie. Elle est connue mondialement pour ses recherches qui portent sur l'allaitement maternel et les soins aux enfants traumatisés.
La CoFAM est engagée depuis plusieurs années sur la problématique Allaitement et Précarité

Par ailleurs, un stand de la CoFAM sera présent  le 1er avril à la JIA qui se tiendra à la Vilette

A télécharger : l'affiche au grand format

Plus d'informations ici.

 

 

 

 

 


campagneDécouvrez la CoFAM, visionnez notre nouvelle campagne de dons et d'adhésion, partagez-la pour nous faire connaître !

Soutenir la CoFAM, c'est soutenir un acteur important en France dans la protection et le soutien à l'allaitement maternel.  

Dans cette perspective, elle réalise des études comme Allaitement et précarité, elle édite des affiches, réalises des vidéos, organise la Journée Nationale de l'Allaitement, coordonne la SMAM,... 
Toutes ces actions engagent des frais et les adhésions seules ne suffisent pas pour faire vivre la CoFAM. 

Nous avons donc besoin de votre aide pour nous aider à poursuivre notre démarche auprès des parents souhaitant allaiter, des professionnels de santé, des associations de soutien,... 


Untitled 2

Une méta-analyse financée par la Fondation Bill et Melinda Gates et le Wellcome Trust britannique rappelle l’importance de l’allaitement maternel, y compris dans les pays industrialisés, et ce contrairement aux idées reçues.

La CoFam salue ce travail, qui réaffirme les bénéfices de l’allaitement pour la santé de l’enfant et de la mère et qui met en lumières les économies de santé publique que pourrait générer en terme de santé publique une véritable promotion de l’allaitement  maternel.

A cette occasion, la CoFAM a été sollicitée par le JT national de France 3 , pour évoquer ces travaux de recherche et la situation de l’allaitement en France.

Les chiffrent parlent d’eux-mêmes : en France, on compte 70,5% des femmes qui initient un allaitement en maternité, mais seulement 59% de façon exclusive (étude Elfe de 2011 [1]), quand des pays comme le Danemark, la Pologne ou la Suède ont des taux d’allaitement exclusif avoisinant les 90 %.

Le taux d’allaitement baisse très rapidement (étude Epiphane de 2012-2013 [2]) il passe à 35 % dès un mois (54% si on prend en compte les allaitements mixtes) et chute à 10% dès l’âge de trois mois (39% en incluant les allaitements mixtes).

Les cibles mondiales approuvées par les Etats membres de l’OMS pour 2025 visent à porter les taux d'allaitement exclusif au sein au cours des six premiers mois de la vie à au moins 50%. Force est de constater qu’on est loin de cet objectif puisqu’en France, seuls 1,5% des enfants de 6 mois reçoivent encore du lait maternel de façon exclusive ou prédominante (et 23 % de façon mixte).

Les moyens pour permettre à ces 70% de femmes de mener à bien leur projet d’allaitement font cruellement défaut, alors même que tout le monde a à y gagner.

  • Les professionnels de la périnatalité sont insuffisamment formés, et ceux qui le sont n’ont pas assez de temps dédié rémunéré à consacrer au soutien et à la résolution d’éventuels problèmes rencontrés par les parents ;
  • La reprise du travail est également un moment critique : l’heure d’allaitement prévue par le code du travail est peu connue et très peu respectée par les employeurs, et dans leur immense majorité, les femmes renoncent à faire valoir ce droit car le prix à payer professionnellement est trop élevé 
  • Enfin, en France, les mères ne peuvent pas toujours s'appuyer sur leur famille (et encore moins sur la société) car la culture d'allaitement a disparu,  si bien que les mamans sont exposées à bien des préjugés et des commentaires négatifs qui peuvent mettre en péril l’allaitement.

On entend souvent dire qu’en France, les femmes « abandonnent » trop tôt ou trop vite l’allaitement : vu cet état des lieux, ne devrait-on pas plutôt dire que ce sont les femmes qui sont « abandonnées », dans le sens où elles ne sont pas soutenues dans leur projet d’allaitement, faute de réelle politique publique ?

On entend également très souvent dire que vanter les bénéfices de l’allaitement maternel (sur la santé des enfants notamment), évoquer la supériorité du lait maternel sur les laits artificiels ou bien rappeler les recommandations de l’OMS – 6 mois d’allaitement exclusif et la poursuite de l’allaitement jusqu’aux 2 ans et plus de l’enfant – reviendrait à culpabiliser les femmes qui ont peu ou pas allaité.

Si l’allaitement est avant tout un choix individuel, c’est aussi une question de santé publique. Il est donc primordial de pouvoir délivrer une information loyale et complète à tous car elle seule garantit un vrai choix par les parents.

Il ne s’agit pas d’injonctions ou de "pression" visant à culpabiliser les femmes mais de recommandations afin que chacun puisse exercer son libre-arbitre en toute connaissance de cause.

Tous les parents devraient être accompagnés et respectés dans leurs choix parentaux qu’ils souhaitent ou non un allaitement. Par ailleurs, une des recommandations fortes de la CoFAM est  d'encourager les mères à participer dès la grossesse à des groupes de soutien de mères à mères et à identifier les professionnels formés et soutenant.

Si l’allaitement est une question de choix individuel, c’est aussi une question de société : la thématique de l’allaitement, comme celle de la maternité, nous amène à nous interroger sur la place des femmes – et des parents – dans la société et tout particulièrement dans le monde du travail : comment font les parents pour concilier leur vie familiale et leur carrière professionnelle ? Sont-ils discriminés de ce fait ? Comment font les mères pour poursuivre un allaitement pendant deux ans tout en travaillant, et alors que le congé maternité ne dure que quelques semaines ?

Les données sur l’allaitement, comme celles contenues dans cette étude mondiale, s’adressent tant aux politiques, qu’aux parents.

C’est en effet aux Etats qu’il revient de mettre en place des politiques de santé publique en agissant sur plusieurs terrains : campagnes d’information sur l’allaitement, mise en place de politiques permettant une reprise du travail compatible avec les objectifs de l’OMS, renforcement de la formation initiales et continue des professionnels de santé, encadrement des pratiques commerciales des entreprises commercialisant le lait artificiel, etc…

L’intérêt de cette étude qui porte sur 164 pays est de dresser un état des lieux global s’agissant de l’allaitement.  

Il est urgent d’en prendre note et d’y piocher des idées afin d’améliorer l’efficacité de la politique de santé publique en matière d’allaitement.

[1] Kersuzan c, gojard S, tichit c, thierry X, wagner S, nicklaus S. Prévalence de l’allaitement à la maternité selon les caracté- ristiques des parents et les conditions de l’accouchement. résultats de l’enquête elfe maternité, France métropolitaine, 2011. Bull epidémiol hebd. 2014;(27):440-9. http://www.invs.sante.fr/beh/2014/27/2014_27_1.html

[2] Salanave B, de Launay C, Boudet-Berquier J, Castetbon K. Durée de l’allaitement maternel en France (Épifane 2012-2013). Bull Epidémiol Hebd. 2014;(27):450-7. http://www.invs.sante.fr/beh/2014/27/2014_27_2.html